Savoir se dépourvoir. Mais comment ? Dur dur. Vivant dans une société née des révolutions, habitués aux acquis sociaux, les Français n’ont pas du tout envie de se dépourvoir. Ils croient posséder le droit d’être assistés par l’État, donc par les autres, même si cela n’est pas évident. Et, ils boudent dès qu’ils sentent qu’on veut toucher leurs privilèges qui, en fait, selon eux, ne sont pas les privilèges, mais les droits dus, avec lesquels on naît et on les poursuit jusqu’à la mort.
Pourtant, rien n’est établi, fixe, donné jusqu’à la fin de la vie. On est tous habitués à la situation quotidienne de la vie tranquille, aux retraites payées chaque mois par la banque, aux baguettes chez les boulangers, au petit café d’un bar à côté.
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Puis, d’un coup, on nous parle de la guerre, la peste décime l’humanité, les habitudes d’au quotidien disparaissent dans la brume de la mémoire et on n’y peut rien, le destin devient plus fort, les enfants hybrides prolifèrent parmi nos amis, et en plus les politiciens ignorent quoi en faire.
Dure dure la vie. On avait pu profiter de l’opulence, car il y en avait d’autres qui travaillaient pour notre richesse. Perdues les colonies, on a inventé la communauté du charbon et de l’acier et on continuait à se débrouiller pourvu que tous pussent être heureux et, surtout, posséder.
Posséder à tout prix, avoir ce que l’on nous avait volé et à quoi nous aspirions, puisque nous avions droit. Bizarre qu’aujourd’hui 35% des Français veulent l’autarcie et la séparation, oubliant que s’ils sont plus ou moins riches, c’est parce qu’il y en a d’autres qui sont beaucoup plus pauvres.

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